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Fête de Saint-Fiacre. – Pour la seconde fois depuis sa fondation, la corporation amicale de Saint-Fiacre célébrait, le 28 août dernier, la fête anticipée de son patron. Comme d’habitude, le cortège s’organisa au domicile du président, M. Girin, et s’achemina vers l’église, splendidement décorée de fleurs et de feuillage, par les soins et le bon goût de MM. Girin, Wydoot, Roger et Lambert. La messe fut chantée par M. le curé de Vert-Saint-Denis, qui voulut bien adresser à la nombreuse assistance l’allocution d’usage. Ancien curé de Saint-Fiacre, près de Meaux, et gardien du tombeau du saint ermite, il était qualifié mieux que quiconque pour retracer les épisodes de la vie de l’anachorète, vie si féconde en prodiges de toute sorte. De cette causerie, religieusement écoutée, une pensée restera gravée dans le cœur et l’esprit de tous : c’est celle où le sympathique prédicateur montra aux membres participants combien grande et noble était leur tâche, puisqu’ils sont les collaborateurs du bon Dieu pour la production de ce qui constitue l’élément fondamental de la nourriture quotidienne, aussi bien que de la culture florale qui réjouit les yeux. L’éclat de la cérémonie fut rehaussé par l’exécution de morceaux de violon qui mirent en relief la virtuosité remarquable de M. Lucien Duvillars, et la maestria de son accompagnatrice, Mlle Hélène Duprey. A la sortie de l’église, le cortège s’organisa à nouveau et déposa, au monument des morts, une superbe couronne d’œillets et d’hortensias. Pour donner à ce geste toute sa signification, M. Girin, président, prononce les paroles suivantes : « Le joie de nous retrouver réunis en cette
fête corporative de Saint-Fiacre ne doit pas nous faire oublier le
souvenir de ceux au sacrifice desquels nous devons la possibilité
de vivre libres dans une France libre. Ils sont morts pour que la
France vive et de cela nous leur garderons une éternelle reconnaissance. L’hymne national, joué par les musiciens et auquel tous les cœurs faisaient écho, fut le salut des survivants aux âmes d’outre-tombe. Avant que s’ébranlât à nouveau le cortège, pour la distribution des brioches, chacun put admirer le « kiosque élégant », œuvre d’architecture florale due à l’ingéniosité de M. Vaillant, dont l’éloge en art horticole n’est plus à faire. Deux voiturettes, destinées à porter, l’une le « chef-d’œuvre », l’autre le pain bénit, avaient subi une merveilleuse transformation au point que roues et châssis disparaissaient sous une profusion de fleurs multicolores, gracieusement agencées par MM. Urbain, Heuré et Maillard. Ce fut ensuite la visite à tous les membres honoraires qui firent aux membres participants l’accueil le plus sympathique et le soir un amical banquet les réunissait tous au Balory-Hôtel et réalisait pendant quelques heures cette atmosphère de cordialité vers laquelle doivent tendre toutes les sociétés qui veulent demeurer fortes et prospères. |