L'église de Seine-Port

      Comme aucun document précis ne nous est parvenu concernant notre église, il n'est guère facile d'en déterminer la date de construction. Certains auteurs donnent, sans référence, la date de 1156 à laquelle l'archevêque de Sens, Hugues de Toucy aurait consacré l’église. Cette année paraît bien lointaine, si l'on songe qu'à cette époque Notre-Dame de Paris n’était pas encore commencée. Toute la nef jusqu'aux statues de la Vierge et de Jeanne d’Arc ainsi que la chapelle de la Vierge à gauche, sont d’un gothique très simple mais très classique qui ferait raisonnablement penser au début du XIIIe siècle. Toutefois, il est probable qu'il y ait eu auparavant une autre église ou chapelle, comme le laisseraient penser les quelques morceaux d'architecture que l’on trouve insérés sur la partie gauche du chœur. Saint Sulpice, évêque de Bourges sous Clotaire II, en est le patron.

      Sous Jacques Le Fèvre de Caumartin, la nef fut prolongée en 1652. Le clocher semble être de cette époque, bien qu'il ait été remodelé par Pierre Desgranges, en 1782, grâce à Mme de Montesson. La grosse cloche en fut baptisée le 15 juillet 1753 en présence de Jean-Baptiste de Monthullé et de sa femme Élisabeth Haudry ses parrain et marraine.

      Pour ne pas être en reste avec le baron de Saint-Port, le magnifique Bouret voulut aussi parrainer sa cloche. Ce qu’il fit le 7 septembre de la même année, ayant pris pour commère la femme de son neveu, Catherine-Étiennette Gaulard-Préaudeau, fille de sa bonne amie, Catherine-Suzanne Gaulard née Josset qui était également présente.

      Mme de Montesson, qui avait pris à cœur de rendre son village digne de l'épouse du duc d'Orléans, mit sur pied un grand projet pour transformer et agrandir considérablement l'église. Le nouveau sanctuaire aurait occupé tout l'espace compris entre la rue de Melun, le clocher, la rue de la Messe et tout le terrain où se trouve l'actuelle mairie. Orienté vers le sud, le nouvel édifice aurait été composé d'une nef avec une travée de chaque côté. À chaque extrémité se dressait un autel.

      C'est donc pour faire place nette que la marquise de Montesson fit transférer le cimetière hors du village. La mort du duc d'Orléans empêcha ce projet grandiose de se réaliser. Je ne pense pas que Seine-Port y ait beaucoup perdu.

      Après la mort du duc, Mme de Montesson fit élever contre le mur de droite du chœur une chapelle, sous le vocable de Saint-Louis pour y inhumer le cœur et les entrailles du défunt. En 1792, la sépulture fut profanée et le cœur privé de sa châsse fut enterré au cimetière.

      Seule une petite porte faisait alors correspondre la chapelle avec l'église. Ce fut plus tard, au XIXe siècle, que Mme Manuel, propriétaire de Saint-Assise, fit percer les trois arches que nous connaissons, à l'emplacement de vitraux.

      À la mort de Mme de Montesson, en 1806, le général de Valence, son légataire, la fit enterrer dans le caveau de la chapelle avec le cœur de son époux qui y retrouva sa place. En 1834, Louis-Philippe, devenu roi des Français, fit élever à son grand-père le monument de marbre blanc que l’on peut voir.

      Parmi les autres personnes enterrées dans l'église, notons: Jean-Baptiste Glucq, Charles-André de Monthullé, le fils unique de Jean-Baptiste de Monthullé, mort à deux ans et le comte de Guiry.

      Les barons de Saint-Port avaient le droit honorifique de chapelle, qui était celle de la Vierge, et de banc, situé dans le chœur et placé du même côté. La marquise de Montesson tenait beaucoup à ce droit et voulut le garder après avoir vendu le domaine à Monsieur. Sous l'Ancien Régime, c'était le curé qui tenait les actes publics des naissances, mariages et décès, actes qui étaient contresignés par le maître d'école. Le baron de Saint-Port versait au curé une rente annuelle de soixante-quatorze livres avec obligation de faire un service annuel à la mémoire de Henri IV. Le maître d'école touchait, lui, cent livres. À partir de la Révolution, ce furent les maires qui remplirent les actes.

      Durant la période révolutionnaire, l'église eut quelque peu à souffrir. Tous les ornements et objets précieux furent emportés et les deux cloches fondues.

      Sous l'Empire, en 1812, deux nouvelles cloches vinrent remplacer celles qui avaient été sacrifiées sur l’autel révolutionnaire. La première, nommée Marie-Charlotte, eut pour parrain James-Henry-Charles-Frédéric de Pourtalès, comte d’Empire, et pour marraine, Marie-Louise-Joséphine de Castellane-Norante, sa belle-sœur. Le récent propriétaire de Saint-Assise se devait de l’offrir à sa paroisse. La seconde, nommée James-Louise eut pour parrain et marraine James-Alexandre de Pourtalès, chambellan du roi de Prusse, et Marie-Louise-Élisabeth de Castellane-Norante, son frère et sa femme.

      En 1875, grâce aux libéralités des Beauvau, la partie de la nef, prolongée sous les Caumartin, fut surélevée de 4 mètres afin de donner plus d'homogénéité à l’église.

      Enfin, à l'intérieur, bien des transformations ont été faites. Signalons pourtant près de l’ancien autel deux faisceaux de colonnettes de grès rouge, provenant de l'abbaye du Lys, ainsi que deux vitraux du XIXe siècle, l'un au-dessus de l’autel représentant saint Sulpice guérissant le roi Clotaire II et le second, au-dessus du portail, montrant Louis VII et les religieux de Saint-Assise. Au-dessus du monument aux morts de la guerre de 14-18, on peut voir un sombre tableau de Desvallières, peint en souvenir de son fils tué au combat, représentant le Christ portant un soldat mort.

Dominique Paladilhe

Intérieur Intérieur

Liste de nos curés

1618 Berthemy
1619 Blondeau
1649 Chappey
1662 Lauranse
1666 Pillault
1670 Leconte
1687 Guignace
1727 Bouvet
1741 Gouère
1771 Pinon
1775 O'Brien
1783 Comte
1799 Osselin
1803 Pinon
1805 Houset
1808 Thuillier
1812 Thierriet
1836 Berthaut
1856 Desliens
1857 Sanson
1858 Chéret
1868 Delaforge
1883 Leveau
1891 Boutillier
1900 Duchein
1937 Messin
1961 Bradasich O.P
1989 Guy
1997 Risselin et Larroque†2012

Le clocher

 

 


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