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Bonnet Jules Joseph

 

Fiche SGA

 

Le 6ème bataillon monte à 2h pour aller se placer dans la tranchée de première ligne de son secteur habituel. Cette tranchée a été aménagée au moyen d’abris ; des gradins de franchissement et des rampes ont été aménagés pour permettre aux colonnes d’assaut de se porter en avant. Le 6ème bataillon du 204ème se place dans la tranchée de seconde ligne. A ce moment le dispositif sur le plateau de la cote 132 est le suivant : 1er secteur de gauche allant du ravin de Cuffies jusqu’à le cote 132, 231ème occupant les tranchées allemandes prises l’avant-veille, 5ème bataillon du 276ème dans la première parallèle française ayant une compagnie en réserve à la ferme de la Montagne Neuve. 2ème secteur de droite, s’étendant de la sape q jusqu’aux tranchées tenues par le 289ème avec trois compagnies du 276ème dans la première parallèle, trois compagnies du 204ème dans la deuxième parallèle, une compagnie du 276ème (22ème) en arrière de la droite, une compagnie du 204ème à la disposition du Lieutenant Colonel. A 15 heures l’artillerie française opère un violent bombardement sur les tranchées allemandes entre la droite de la portion qui est entre nos mains et la dent de Crouy (front jalonné par les points m.o f.g du croquis). A 15h50 un violent tir à obus explosifs est exécuté sur le même front. A 16 heures les 21è, 23è et 24è Compagnies formées chacune en deux colonnes de peloton se précipitent sur les tranchées allemandes. La 21è Cie s’étale entre le point m et le point O sur un front de 150m et assure la liaison à gauche avec le 231è. La 23è entre le point O et le point F. La 24è s’empare de la dent de Crouy ; mais sa colonne de gauche trouve en avant d’elle plusieurs tranchées, échelonnées sur une pente descendante à pente très raide et ne peut s’emparer que de la première tranchées. La tête de cette colonne commandée par le Lt Payen se précipite sur la deuxième et y disparait. La nuit, très noire arrive rapidement, les compagnies organisent tant bien que mal cette tranchée, bouleversée par nos projectiles et encombrée de cadavres allemands ; la terre argileuse et détrempée par les pluies, rend le travail extrêmement pénible et il ne peut être constitué que des abris très précaires contre les obus allemands, à prévoir pour le lendemain matin. Vers 22 heures, un certain nombre d’allemands, se glissant à travers des bois s’approchent des tranchées occupées par les 21è et 23è Compagnies, et projettent des boites à mitraille en quantité considérable. Un certain nombre d’hommes, très impressionnées, se voyant dans un abri s précaire, refluent sur les tranchées occupées par le 204è, mais sont ramenés immédiatement à leur place. Il s’est produit néanmoins des solutions de continuité dans la ligne ; à minuit, sur l’ordre du Lieut Colonel, la 22è Cie va se placer avec trois sections, commandées par le Capitaine Calle, entre la 21è qui se resserre sur sa gauche et le 23è qui se resserre sur sa droite. La 4è section va renforcer la 24è Cie à la dent de Crouy. La nuit se passe dans un calme relatif quoique les Allemands continuent à envoyer beaucoup de boites à mitraille.

naît le 4 octobre 1885 à Corbeil, dans l'Essonne. Il est fils de Jules Georges, vingt-neuf ans, menuisier, et Clémentine Laure PIQUET, vingt ans, sans profession. Il est l'aîné d'une fratrie de cinq enfants : Célestine, née en 1888, Marguerite, née en 1890,René, né en 1893 et Lucien né en 1895. Il épouse Fernande Honorine GUEFFIER, le 20 mars 1909, à Seine-Port. Deux ans plus tard, le 29 janvier 1911, naît leur fils, Raymond Jules.

La famille s'installe à Villeneuve-Saint-Georges, ancienne Seine-et-Oise, le 28 juillet 1912. Rappelé par l'ordre de Mobilisation générale du 1er août 1914, Jules Joseph rejoint le 76ème Régiment d'Infanterie. Il est porté disparu le 10 janvier 1915, le lieu n'est pas réellement connu.

Clémentine Laure est retournée vivre auprès de la famille à Seine-Port. Un premier jugement, celui du Tribunal civil de Melun, le 6 janvier 1918, reconnaît le statut de "Pupille de la Nation" de Raymond Jules, orphelin de père du fait de la Guerre. Puis, le 9 décembre 1920, le Tribunal civil de Corbeil, Essonne, le déclare décédé, au même jour, à La Montagne Neuve, près de Crouy, dans l'Aisne.

Résidant à Villeneuve-Saint-Georges, au moment du début de la Guerre, Jules Joseph BONNET est inscrit sur la Liste d'Or de cette commune. Sa veuve résidant à Seine-Port au moment de l'érection du Monument aux Morts, c'est tout naturellement que les élus ont décidé d'inscrire le nom de Jules Joseph BONNET.

©Christiane Menot