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L'Amicale de la Saint-Fiacre

1928 - Article de presse

Article de presse 1925
Article de presse 1926
Article de presse 1927
          Le samedi 25 août, la corporation amicale de Saint-Fiacre célébrait par anticipation la fête traditionnelle de son patron.

          Selon la coutume, les membres participants se rendent au domicile de leur sympathique président et le cortège s’achemine vers l’église. Le « chef-d’œuvre » ne s’est pas ressenti de la pénurie de fleurs occasionnée par la trop longue sécheresse : il fait honneur aux âmes d’artistes qui l’ont exécuté. Comme toujours, il était encadré pendant le trajet, par des fleurs animées, jeunes filles en blanc portant des corbeilles de brioches à bénir et jardiniers en herbe arborant les outils de la corporation, outils en miniature, mais combien symboliques dans leur entourage de verdure.

          L’office commence au milieu d’un silence impressionnant que seul interrompt le chant liturgique. Après l’Evangile, M. l’abbé Bourlier, curé de Savigny-le-Temple, monte en chaire et, dans une homélie d’une savoureuse précision, tient l’auditoire sous le charme de son éloquence persuasive. Par un heureux rapprochement et une fine analyse des différents travaux horticoles, l’orateur compare l’œuvre de la sanctification des âmes au labeur opiniâtre que nécessite la terre, objet de la sollicitude des sociétaires présents :

          « L’âme, dit-il, dont on néglige les intérêts éternels, est frappée de stérilité ; pour la fertiliser, il lui faut la prière, le sacrifice, les sacrements ; ces aliments lui sont aussi nécessaires que l’est à la terre l’engrais qui doit en augmenter le rendement. A l’exemple donc de saint Fiacre, qui, né sur les marches d’un trône, n’a pas cru déchoir en cultivant la terre, menez de pair votre travail quotidien, sans négliger la santé de vos âmes, afin qu’au soir de la vie vous puissiez, comme votre saint patron, recevoir au ciel la juste récompense de votre consciencieux labeur et de votre devoir chrétien fidèlement rempli »

          Pendant la messe, M l’abbé Messin, curé de Pringy, un virtuose du clavier, par un choix judicieux de morceaux vigoureusement rendus, nous fit apprécier les grands maîtres de la musique religieuse moderne, Dupré, Vierne et Widor L’orgue n’a plus de secrets pour l’éminent artiste, témoin la parfaite interprétation des compositeurs précités

          A l’issue de la messe, le cortège se reforme pour distribuer à domicile les brioches bénites aux membres honoraires, après qu’il eut fait toutefois une première halte au monument aux morts, au pied duquel fut observée une minute de silence et déposée une magnifique croix de guerre, véritable œuvre d’art où les baies de thuya, de sorbier et de symphorine, ingénieusement agencées avec des fleurs d’agératum traduisent la saisissante façon les couleurs nationales, pieux hommage à la mémoire de nos chers héros

          Le soir, un banquet où régna la plus France cordialité réunissait, au Balory-Hôtel, membres participants et membres honoraires Au dessert, M le président d’honneur voulut bien le constater en portant le toast suivant :

          Mesdames, Messieurs,
Permettez-moi de remercier les personnes que je vois assises à cette table, pour la sympathie qu’elles ont bien voulu témoigner à la corporation de Saint-Fiacre, en participant à cette amicale réunion

          En fêtant pour la quatrième fois la Saint-Fiacre, la société peut sans crainte jeter un regard sur l’année qui s’écoule et constater avec satisfaction que son activité ne s’est pas ralentie L’empressement que vous avez mis à vous réunir ce soir en toute amitié et la joie que vous en manifestez sont une garantie de la gonne entente qui ne cessera d’exister entre les membres de la corporation.

          En terminant, je tiens à annoncer la promotion au grade d’officier du Mérite agricole de M. L. Wydoot, jardinier chez M. Champion. J’applaudis de tout cœur à cette distinction et je lui adresse toutes mes félicitations.

          Je lève mon verre à la santé de M. Wydoot, à la prospérité de la corporation et à votre santé à tous.

          Les applaudissements répétés et les bans nourris qui accueillirent ce toast montrèrent à notre sympathique président d’honneur combien ses paroles trouvaient de l’écho chez tous les amis présents de la corporation. Et l’on se quitta, après maintes poignées de main, pour faire place aux jeunes, impatients de se livrer à leur plaisir favori, et la danse battit son plein jusqu’aux premières lueurs du jour.

          En finissant cet article, je m’en voudrais de ne pas adresser des éloges unanimes à M. Avéniat pour la belle ordonnance du banquet et la succulence des mets servis. C’est un nouvel hommage à sa compétence culinaire bien connue et très appréciée.


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