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L'Amicale de la Saint-Fiacre

1926 - Article de presse

Article de presse 1925
Article de presse 1927
Article de presse 1928

          Fête de Saint-Fiacre. – Pour la seconde fois depuis sa fondation, la corporation amicale de Saint-Fiacre célébrait, le 28 août dernier, la fête anticipée de son patron. Comme d’habitude, le cortège s’organisa au domicile du président, M. Girin, et s’achemina vers l’église, splendidement décorée de fleurs et de feuillage, par les soins et le bon goût de MM. Girin, Wydoot, Roger et Lambert.

          La messe fut chantée par M. le curé de Vert-Saint-Denis, qui voulut bien adresser à la nombreuse assistance l’allocution d’usage. Ancien curé de Saint-Fiacre, près de Meaux, et gardien du tombeau du saint ermite, il était qualifié mieux que quiconque pour retracer les épisodes de la vie de l’anachorète, vie si féconde en prodiges de toute sorte. De cette causerie, religieusement écoutée, une pensée restera gravée dans le cœur et l’esprit de tous : c’est celle où le sympathique prédicateur montra aux membres participants combien grande et noble était leur tâche, puisqu’ils sont les collaborateurs du bon Dieu pour la production de ce qui constitue l’élément fondamental de la nourriture quotidienne, aussi bien que de la culture florale qui réjouit les yeux.

          L’éclat de la cérémonie fut rehaussé par l’exécution de morceaux de violon qui mirent en relief la virtuosité remarquable de M. Lucien Duvillars, et la maestria de son accompagnatrice, Mlle Hélène Duprey.

          A la sortie de l’église, le cortège s’organisa à nouveau et déposa, au monument des morts, une superbe couronne d’œillets et d’hortensias. Pour donner à ce geste toute sa signification, M. Girin, président, prononce les paroles suivantes :

          « Le joie de nous retrouver réunis en cette fête corporative de Saint-Fiacre ne doit pas nous faire oublier le souvenir de ceux au sacrifice desquels nous devons la possibilité de vivre libres dans une France libre. Ils sont morts pour que la France vive et de cela nous leur garderons une éternelle reconnaissance.
          « Le monument qui transmettre aux âges futurs le nom de ces héros nous trouvera toujours fidèles à cette halte pieuse, émouvant hommage de notre gratitude. Nous saluons donc avec une profonde émotion ces camarades disparus qui, dans la boue des tranchées, en proie aux pires souffrances, ont barré la route à la ruée des barbares et, selon l’ordre du généralissime, n’ont pas hésité à se faire tuer sur place plutôt que de reculer.
          « Puisse le sacrifice suprême de nos frères d’armes écarter à tout jamais les horreurs d’une guerre que nous n’avons pas voulue mais qui nous fut imposée, et nous tracer à nous-mêmes l’impérieux devoir de travailler de toutes nos forces à faire de la France d’hier, meurtrie et décimée, une France robuste et glorieuse où chacun de ses enfants pourra vivre dans la paix et la liberté ! »

          L’hymne national, joué par les musiciens et auquel tous les cœurs faisaient écho, fut le salut des survivants aux âmes d’outre-tombe.

          Avant que s’ébranlât à nouveau le cortège, pour la distribution des brioches, chacun put admirer le « kiosque élégant », œuvre d’architecture florale due à l’ingéniosité de M. Vaillant, dont l’éloge en art horticole n’est plus à faire. Deux voiturettes, destinées à porter, l’une le « chef-d’œuvre », l’autre le pain bénit, avaient subi une merveilleuse transformation au point que roues et châssis disparaissaient sous une profusion de fleurs multicolores, gracieusement agencées par MM. Urbain, Heuré et Maillard.

          Ce fut ensuite la visite à tous les membres honoraires qui firent aux membres participants l’accueil le plus sympathique et le soir un amical banquet les réunissait tous au Balory-Hôtel et réalisait pendant quelques heures cette atmosphère de cordialité vers laquelle doivent tendre toutes les sociétés qui veulent demeurer fortes et prospères.


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