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L'Amicale de la Saint-Fiacre

1925 - Article de presse

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Article de presse 1928

          Fête de Saint-Fiacre – Samedi 29 août, la jolie et pittoresque localité de Seine-Port était en liesse ; l’Amicale des jardiniers, tout récemment créée, célébrait la fête de son patron saint Fiacre, et tous les habitants, heureux d’apporter leur sympathie à cette nouvelle corporation, avaient répondu avec un ensemble parfait à l’invitation des sociétaires.

          Rendez-vous avait été donné au domicile du sympathique président, M. Girin.

          A 9 h., le cortège s’ébranle. A la suite de la musique, s’avancent six garçonnets munis de tabliers et portant chacun un attribut de jardinage, gracieusement enrubanné. Viennent ensuite quatre fillettes vêtues de blanc, tenant une corbeille de même couleur, et chargées, après la messe, de distribuer les brioches bénites aux membres honoraires. Au centre du cortège, le « chef-d’œuvre » porté par une civière par deux jeunes sociétaires. Ce bijou d’architecture florale, œuvre de M. Vaillant, et auquel ont collaboré MM. Urbain, Roger et Maillard, représentait un pavillon japonais, recouvert d’une chatoyante mosaïque de pétales multicolores, sous lequel, comme sous un arc de triomphe, trônait saint Fiacre, ayant à ses pieds les plus beaux spécimens de la culture horticole locale. Les membres du bureau au complet ferment la marche, suivis des sociétaires participants et de nombreux membres honoraires.

          On arrive à l’église, où fleurs et verdure ont été prodiguées et disposées avec un art qui révèle le goût de MM. Girin, Heuré, Wydoot et Lambert, et M. le curé procède à la bénédiction solennelle de la statue de saint Fiacre. Après l’Evangile notre pasteur monte en chaire et dans une courte, mais très amicale causerie, félicite les organisateurs de cette belle fête et se réjouit à la pensée que cette corporation fondée dans un esprit de sérieuse fraternité, sera pour la paroisse un élément de concorde et de paix sociale. L’office se continue, rehaussé par une partie musicale due au gracieux concours de M. le curé de Saint-Fargeau, de Mlle Lecoq et de M. Primard.

          A l’issue de la messe, le cortège se reforme au pied du monument des morts et y dépose une superbe couronne d’hortensias, barrée d’un ruban tricolore, où se détache l’inscription : « A ses morts glorieux, l’Amicale de Seine-Port »

          Après quelques mots de M. le maire, M. Girin, président de la société, rend un hommage ému aux patriotes tombés au champ d’honneur. Nous somme heureux de pouvoir donner le texte de cette allocution dite au milieu d’un silence religieux :

          Messieurs et chers camarades,
La corporation amicale de Saint-Fiacre a considéré comme un devoir sacré de faire halte au pied de ce monument et d’y déposer la couronne du souvenir. Des glorieux morts dont les noms sont inscrits sur cette colonne, plusieurs furent nos collègues de métier, tous furent nos frères d’armes. C’est à leur ténacité, à leur endurance, au sacrifice de leur vie que nous devons de vivre en terre française. Ils ont brisé la ruée des barbares et, après avoir gagné la victoire qui nous vaut la liberté et l’indépendance, ils nous ont laissé un patrimoine de gloire dont nous avons lieu d’être fiers, mais qui nous impose le devoir de ne jamais oublier ceux qui en furent les héros. D’ailleurs, cette couronne n’est qu’un symbole : les fleurs passent, le souvenir reste. Qu’ils soient assurés, nos chers morts, de ne jamais tomber dans l’oubli. Au milieu de nos labeurs quotidiens, parfois bien fatigants, leur mémoire vivra et notre pensée reconnaissante se portera souvent vers ceux qui furent les libérateurs de la patrie et les sauveurs de nos foyers.

          Le chant national, joué par les musiciens présents, souligne l’allocution du président et rapproche les cœurs dans un même élan patriotique.

          Le cortège reprend ensuite sa marche, augmenté d’une voiturette que traîne un docile aliboron, voiture et tracteur animé couverts de fleurs ingénieusement arrangées par les soins de M. Heuré. On se rend chez M. le maire, président d’honneur de la société ; chez M. le curé, vice-président d’honneur, et successivement chez tous les membres honoraires, à qui la corporation offre une brioche bénite. Et sur le passage, ce sont des exclamations d’admiration à l’adresse de tous nos jardiniers, dont beaucoup se sont révélés avec des âmes d’artistes.

          Le soir, un banque réunissait cent trente-deux convives, et dans une atmosphère de cordialité vraiment unanime se cimentaient les liens de sympathie qui, désormais, uniront les classes sociales de la population seineportaise, pour le plus grand bien de tous. Aussi, faisons-nous volontiers écho aux paroles de M. le maire souhaitant, à la fin du banquet, longue et glorieuse prospérité à la corporation amicale de Saint-Fiacre.


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